
L’application anti-gaspillage la plus connue d’Europe ne se limite plus aux croissants de la veille. Depuis le 15 octobre 2026, Too Good To Go ouvre ses paniers surprises à l’hygiène et à la beauté : crèmes, shampoings, dentifrices et produits de maquillage en fin de série y sont désormais vendus à prix réduit, en France comme dans plusieurs autres pays.
Cinq nouvelles familles de produits, dont la beauté
L’annonce a été faite depuis Copenhague, où l’entreprise est née il y a dix ans. Comme le détaille L’Express Franchise, cinq familles de produits font leur entrée dans l’application : l’hygiène et la beauté (soins de la peau, des cheveux et des dents, produits de beauté), les produits pour animaux, les fleurs et les plantes, la nutrition et les compléments alimentaires, et enfin l’entretien de la maison.
En France, Too Good To Go cite des produits des marques Nivea, Neutrogena, Dove, Oral-B, Always et Head & Shoulders. Le contenu des paniers varie selon le magasin et la ville, sur le même principe que les invendus alimentaires : on réserve dans l’application, on récupère en boutique, et on découvre le détail au retrait.
Pourquoi des cosmétiques finissent invendus
On pense rarement au gaspillage quand il s’agit d’un rouge à lèvres. Pourtant, les rayons beauté produisent leur lot d’invendus parfaitement utilisables, et l’entreprise en cite plusieurs cas très concrets : une marque change de packaging et l’ancienne version reste sur l’étagère ; une teinte ou un parfum sort de la gamme ; un coffret cadeau perd tout son attrait une fois les fêtes passées.
Pour le commerçant, ce stock dormant immobilise de la trésorerie et de la place en réserve. Pour la cliente, c’est l’occasion de mettre la main sur des produits de grandes marques à petit prix — la seule « défaillance » du produit étant, le plus souvent, son emballage démodé ou sa teinte retirée du catalogue.
Un démarrage déjà bien engagé
Le mouvement ne part pas de zéro. Selon le communiqué de l’entreprise repris par L’Express Franchise, plus de 8 500 magasins dans le monde proposent déjà ce type d’articles non alimentaires sur l’application, et environ un tiers d’entre eux y vendaient déjà leurs invendus alimentaires. En France, des enseignes comme IKEA, Gamm vert ou Jardiland glissent déjà fleurs, plantes et produits pour animaux dans leurs paniers surprises.
La directrice générale de Too Good To Go, Mette Lykke, annonce d’ailleurs la couleur : « Ce n’est que le début », promet-elle à propos de cette extension au non-alimentaire. L’application revendique aujourd’hui 150 millions d’utilisateurs inscrits et 200 000 commerces partenaires actifs dans le monde — un réseau que l’entreprise compte désormais mettre au service d’autres rayons que l’alimentaire, comme le relatent aussi Les Echos.
Ce que ça change pour votre routine beauté
Pour qui aime tester des produits sans se ruiner, le principe du panier surprise s’applique étonnamment bien à la beauté. Un soin visage d’une grande marque dont l’emballage vient de changer reste exactement le même soin ; un vernis dont la teinte quitte la gamme n’a rien perdu de sa qualité. C’est même l’occasion de sortir de ses habitudes : on ne choisit pas précisément ce qu’on achète, on se laisse surprendre.
Quelques réflexes restent de mise, les mêmes qu’en parfumerie classique. Vérifiez la date de durabilité minimale quand elle figure sur l’emballage, ainsi que le petit symbole de pot ouvert (6M, 12M…) qui indique la durée d’utilisation après ouverture. Un produit en fin de série vendu neuf et scellé n’a rien à voir avec un produit entamé : c’est précisément ce qui rend ce circuit intéressant.
Comment en profiter concrètement
Le fonctionnement est identique à celui des paniers alimentaires. Dans l’application, les nouvelles catégories apparaissent au fil de leur déploiement chez les commerçants partenaires : parfumeries, enseignes de grande distribution, drogueries ou instituts qui vendent des produits à emporter. La disponibilité dépend donc beaucoup de votre ville — les grandes agglomérations seront servies en premier, comme ce fut le cas pour l’alimentaire à ses débuts.
Un signal pour tout le secteur de la beauté
Au-delà du bon plan, cette extension dit quelque chose du marché. La beauté s’est longtemps tenue à l’écart des circuits anti-gaspillage, alors même que ses invendus se prêtent idéalement à la seconde démarque : des produits non périssables à court terme, de forte valeur faciale, dont le seul défaut est commercial. En ouvrant ce rayon, Too Good To Go installe l’idée qu’un cosmétique en fin de série mérite une seconde vie en rayon plutôt qu’une benne.
Reste à voir si les grandes enseignes de la parfumerie joueront le jeu aussi massivement que les boulangeries l’ont fait pour les invendus du soir. Si c’est le cas, la chasse aux pépites beauté à prix cassé pourrait bien devenir un réflexe aussi banal que le panier de viennoiseries de 19 heures.

