
Le motif le plus reconnaissable de la maroquinerie fête ses 130 ans. Créé en 1896, le Monogram de Louis Vuitton, avec ses initiales entrelacées, ses fleurs et ses quadrilobes, est célébré tout au long de 2026. Fin octobre, la maison remet en avant un service qui change la façon de porter ce motif : la personnalisation en ligne. Le Journal du Luxe y consacrait un article le 29 octobre, et il en dit long sur la direction prise par l’accessoire de luxe.
Un motif né pour se distinguer
D’après le communiqué publié par LVMH le 19 janvier 2026, le Monogram a été « créé en 1896 par Georges Vuitton en hommage à son père Louis, fondateur de la Maison ». Au départ, il n’avait rien d’un logo de mode. C’était une signature pensée pour protéger les créations de la maison, et pour que les malles se distinguent de celles des autres voyageurs.
Le dessin puise à deux sources : l’ornementation néo-gothique, très en vogue à la fin du XIXe siècle, et l’esthétique japonaise, qui fascinait alors l’Europe. Ce mélange explique sans doute pourquoi le motif a si peu vieilli. Il est assez graphique pour paraître moderne, et assez décoratif pour rester chaleureux.
Le Journal du Luxe rappelle un détail amusant : dès les années 1900, des clients faisaient déjà peindre leurs initiales et des bandes de couleur sur leurs malles, pour les repérer au premier coup d’œil sur un quai de gare. La personnalisation est donc presque aussi ancienne que le motif lui-même.
Une année anniversaire en plusieurs temps
La célébration a commencé dès janvier avec les sacs les plus emblématiques en toile Monogram : le Speedy, le Keepall, le Noé, l’Alma et le Neverfull. LVMH a ensuite présenté trois collections capsules, chacune avec un parti pris différent.
Monogram Origine reprend la toile de 1896 dans un jacquard de lin et de coton, avec des teintes inspirées des archives. C’est la version la plus douce, presque textile, du motif. VVN met en avant le cuir naturel, celui qui fonce et se patine au fil des mois. Time Trunk joue enfin la carte du trompe-l’œil, en reproduisant sur les sacs les détails des malles historiques : coins, sangles, clous.
« Mon Monogramme » : le sac qui porte vos initiales
La nouveauté mise en avant cet automne est moins spectaculaire, mais plus intime. Le service de personnalisation en ligne de Louis Vuitton, baptisé « Mon Monogramme », permet de composer son sac depuis le site de la maison, avec une prévisualisation en temps réel avant de commander. Le service existait déjà en boutique depuis 2008, selon le Journal du Luxe ; il s’est installé en ligne depuis l’année dernière.
Ce que l’on peut personnaliser
Le principe est simple. On peut d’abord ajouter ses initiales, dans deux polices maison, LV Bold ou LV Heritage. On peut ensuite choisir parmi sept tracés de rayures décoratives, aux noms évocateurs comme Candy, Arrow, Meridian, Pont Neuf, Waves ou Ribbon, déclinés en 22 coloris. Huit écussons semi-personnalisables complètent le jeu. La maison parle de « milliers de combinaisons possibles ».
Les rayures reprennent directement l’usage des voyageurs du début du siècle dernier, qui peignaient des bandes sur leurs malles. Sur un Speedy ou un Neverfull, deux bandes fines d’une couleur vive transforment un sac très vu en pièce qu’on reconnaît tout de suite.
Les modèles concernés
Le service couvre la bagagerie, avec le Keepall, l’Horizon ou la trousse Dopp Kit, mais aussi les sacs du quotidien : Speedy Bandoulière, Neverfull, Noé, Alma BB et OnTheGo. La petite maroquinerie suit, avec le Pocket Organizer, les porte-cartes et le couvre-passeport. Selon les modèles, la personnalisation est proposée sur la toile Monogram classique, mais aussi sur le Monogram Eclipse ou le Damier Graphite, plus sobres.
Pourquoi la personnalisation séduit autant
Le Journal du Luxe relie cette offre à une tendance de fond relevée par le cabinet Bain & Company : le luxe glisse de la possession vers l’expression de soi, notamment à travers la co-création. Un sac à ses initiales ne se revend pas tout à fait de la même façon, mais il se garde plus longtemps et se transmet plus volontiers.
C’est aussi une réponse à la saturation du motif. Le Monogram est partout, y compris en contrefaçon. Ajouter une bande de couleur choisie ou ses initiales, c’est retrouver ce qui faisait son intérêt en 1896 : un bagage qui n’appartient qu’à vous.
Le bon réflexe avant de se lancer
Un sac personnalisé est une pièce qu’on choisit pour longtemps. Mieux vaut donc partir d’un modèle que l’on porte vraiment au quotidien, plutôt que d’une envie du moment. Les teintes discrètes, comme le marine, le bordeaux ou le vert sapin, vieillissent souvent mieux que les couleurs très acidulées. Et si l’idée vous plaît sans viser le luxe, le principe se reproduit facilement à la maison : initiales brodées sur une pochette en toile, ruban de couleur noué à l’anse, ou patch thermocollant sur un cabas.
Cent trente ans après sa création, le Monogram revient finalement à sa fonction première : permettre de reconnaître son sac au milieu de tous les autres.

