
Peu de maisons de maroquinerie françaises peuvent se vanter d’un siècle et demi d’histoire. Lancel en fait partie, et la marque célèbre cette année ses 150 ans. Jusqu’au 23 décembre, sa boutique historique du 8, place de l’Opéra, à Paris, accueille l’exposition « Lancel, toujours », qui ouvre les archives de la maison au public. Dans un article publié le 2 novembre, Challenges revient sur cette histoire et sur le rouge, devenu la couleur signature de la marque. L’occasion de regarder de plus près les sacs qui ont fait sa réputation, et ceux qu’elle propose pour l’anniversaire.
Des pipes au sac à main
Lancel n’a pas commencé par les sacs. En 1876, Angèle et Alphonse Lancel ouvrent à Paris, passage des Petites-Écuries, un atelier de pipes et d’articles pour fumeurs. Ces accessoires sont glissés dans des étuis de cuir rouge : c’est la première apparition d’une couleur qui ne quittera plus la maison.
En 1900, Angèle imagine le « sac à malices », truffé d’astuces, comme un double fond pour cacher un parapluie et de multiples poches pour ranger briquet et cigarettes. Leur fils Albert dépose ensuite de nombreux brevets, dont celui de la malle Aviona, conçue pour les premières soutes d’avion. En 1929, la marque s’installe place de l’Opéra, à l’adresse qu’elle occupe toujours.
Après plusieurs changements de propriétaires, Lancel appartient depuis 2018 au groupe italien Piquadro. Comme le rappelle FashionUnited, la maison était auparavant détenue par le groupe Richemont, qui l’avait rachetée en 1997.
Une exposition dans la boutique historique
L’exposition « Lancel, toujours » a ouvert ses portes le 4 juin. Selon la page que lui consacre la Ville de Paris, elle est visible tous les jours de 10 h à 17 h jusqu’au 23 décembre. FashionUnited précise que l’accès est gratuit, sur inscription via le site de la marque.
On y retrouve les objets qui ont jalonné l’histoire de la maison : sacs à malices, étuis à cigarettes, malle Aviona, valises en nylon des voyages plus légers, mais aussi des pièces plus insolites. Challenges cite par exemple un trench en toile imprimée d’un plan de Paris dessiné à la main, accompagné de sa bouteille isotherme assortie. Sur les cuirs, les surpiqûres blanches des bordures et des poignées rappellent le travail du maroquinier.
La boutique elle-même fait partie de l’histoire. Dès les années 1920, l’enseigne y annonçait « cinq étages de cadeaux », une formule qui en faisait déjà une adresse pour les accessoires à offrir ou à s’offrir, bien avant la mode des concept stores.
Le Premier Flirt fête aussi ses 20 ans
Le sac emblème de la maison moderne est le Premier Flirt, un sac seau lancé en 2006. Il fête donc ses 20 ans en même temps que la marque ses 150 ans. Pour l’occasion, Lancel le décline en quinze éditions centrées sur le rouge maison, sous la direction de Valeria Vigorelli, directrice du studio de création.
Challenges en détaille un modèle : le Premier Flirt L’Essentielle reprend la poche à rabat surpiquée et les pompons en cuir, mais adopte un poil de veau rouge au toucher velouté. Il est affiché à 950 euros. Autre pièce mise en avant, le sac Elles, petit modèle en cuir grainé rouge brique, cousu de panneaux surpiqués et orné d’un bijou de sac en forme de « L » en métal rosé. Il réinterprète l’Elsa des années 1980 et est proposé à 650 euros.
Un livre pour les passionnés
Un ouvrage accompagne l’anniversaire : « Lancel. Objets de désir depuis 150 ans », signé Alessandra Arezzi Boza et publié chez Rizzoli. Le livre raconte l’histoire de la marque objet par objet, en puisant dans les archives, les catalogues et les publicités des années 1920 à nos jours. On y croise aussi les collaborations avec des artistes, dont Salvador Dalí, qui a inspiré le sac Daligramme.
Pourquoi le rouge Lancel parle encore
Le rouge n’est pas qu’un choix de couleur pour la maison. Il relie les étuis à pipe de 1876 aux sacs d’aujourd’hui et sert de fil conducteur à toute la collection anniversaire. Pour celles qui hésitent à franchir le pas, un sac rouge reste un accessoire étonnamment facile à porter : il réveille une tenue noire, marine ou camel, et apporte une touche de couleur en plein hiver sans changer toute la silhouette.
Que l’on soit amatrice de maroquinerie ou simplement curieuse, l’exposition offre une belle plongée dans l’histoire d’une maison parisienne. Il reste un peu moins de deux mois pour la découvrir avant sa fermeture, le 23 décembre, en pleine période de cadeaux de fin d’année.

